LE PARFUM... D’ESPAGNE!
Les producteurs du film Le Parfum, tiré du célèbre roman du même nom, avaient l’idée de tourner le film soit en Croatie, pour la grande diversité des paysages, soit à Paris et à Grasse, qui sont les deux points névralgiques où s’exprime l'intrigue de cette fresque organoleptique.
Mais, ces deux villes étant trop loin l'une de l'autre, ils ont finalement opté pour l’Espagne, plus précisément pour trois villes uniques, situées dans un rayon de 200 km de distances.
Ce sont les Catalanes Barcelone, Gérone et Figueres.
Ces trois villes possèdent des bâtiments du XVIIIe siècle, époque où se déroule l'histoire de Grenouille, le démoniaque parfumeur.
Donc, le décor était planté!
Spécialement à Barcelone, avec son quartier Gothique, son marché aux poissons La Boqueria et sa réputée artère Carrer Ferran (rue où est située, entre autres, le laboratoire et le traiteur du fameux restaurant El Bulli, soit dit en passant...). L’équipe de tournage y a passé quelques semaines pendant l’été 2005.
Mais, il y a aussi eu Figueres, la ville du Musée de Dalí, ainsi que la belle Gérone (où est située le tout aussi remarquable restaurant El Celler de Can Roca, où Tom Tykwer, le réalisateur du film, et Patrick Süskind, l'auteur du roman, ont pu déguster le fameux desserts "Adaptation du parfum Envy de Gucci" des frères Roca ((voir le commentaire de ce dessert, et la photo, à la note Sommellerie Moléculaire, dans ce blogue)), inspiré des arômes de ce parfum, comme un clin d'œil au film qui prenait vie sous leurs nez...).
Comme je vous communiquais dans mon blogue du 3 janvier, ainsi que dans ma chronique Vins & Mets de La Presse d’aujourd’hui, le samedi 13 janvier, pendant le congé des Fêtes, j’ai relu les délirantes rêveries olfactives de Jean-Baptiste Grenouille, l’énigmatique personnage du roman Le Parfum, de Patrick Süskind, qui vient enfin d’être porté à l’écran, avec brio et respect de l’œuvre.
L’idée m’est alors venue de passer à table avec Le Parfum.
Difficile de ne pas être interpellé par les 825 références olfactives décrites dans ce best-seller…
C’est vraiment le chiffre exact des arômes recensés au fil des pages, car je me suis laissé prendre à les surligner lors de cette relecture. De la vanille à la rose, il n’y avait qu’un pas pour imaginer une rencontre entre la polyphonie olfactive des vins et la cuisine olfactive.
Cette fresque olfactive, qui se déroule dans la France odorante – et même puante – de la fin du XVIIIe siècle, donne à sentir comme aucun livre ni aucun film n’ont réussi à le faire jusqu’à ce jour.
Cette aventure, certes meurtrière, est un vrai conglomérat olfactif!
La myrrhe, l’encens, le musc, l’amande amère, la rose et le jasmin, sans oublier la cannelle, la muscade, le romarin, l’anis, la lavande, le bois de santal, le chanvre du Bengale, le cèdre, la fumée, le caramel, la bergamote, la vanille, le pin, l’humus, le miel, la cire d’abeille, le camphre, l’ambre, le poisson, le lait chaud, le vinaigre, le soufre, la transpiration humaine et la sueur de cheval sont des acteurs de premier plan dans cette œuvre olfactive.
Un roman à lire ou à relire, ainsi qu’un film à voir absolument.
Après quoi, tout comme Grenouille, vous serez coiffé d’un diadème olfactif!
Ne manquez pas mes choix de vins et de mets dans ma chronique À Table avec Le Parfum, publiée dans La Presse d’aujourd’hui, inspirés par la relecture de ce journal olfactif, ainsi que par ce film odorant.

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